Affichage des articles dont le libellé est oser. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est oser. Afficher tous les articles

vendredi 30 octobre 2015

Et si on parlait de Demain?

Hier je suis allée voir Demain

Là vous vous dites Okeeeeyyy la meuf est en plein délire mystique « Retour vers le futur » ambiance Hoverboard, cheveux hirsutes et DeLorean : que nenni ! Je ne me prends pas non plus pour Gary Obson, le héros de cette série old school « Demain à la une » qui se voyait chaque jour apporter son journal par un chat roux chelou (qui devait visiblement bosser dans une imprimerie) sauf que le journal en question était celui du lendemain, lequel annonçait irrémédiablement des faits-divers et autres catastrophes que ce bon vieux Gary essayait par tous les moyens d’éviter ! OK, personne ne connaît ma vieille série pourrave, revenons-en alors à Demain.

Demain c’est un film, ou plutôt, un documentaire, réalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion (aucun lien, fils unique).
Tout est parti d’une étude de 2012, « Approaching a state shift in Earth’s biosphere ». Si tu te sens l’âme d’un aventurier, tu peux aller la lire ici, il t’en coûtera 32 $ et un bon tube de Doliprane ou d’Arsenic dans l'hypothèse probable où tu souhaiterais mettre fin à tes jours après sa lecture.  Car il faut dire que cette étude rédigée par un collectif d’une vingtaine de scientifiques, dresse des constats assez catastrophiques sur l’avenir proche (horizon 2100) de la Terre et donc de ses habitants-es.
Partant de ce constat effrayant et ne pouvant décemment imaginer expliquer à leurs enfants que dans un avenir plus ou moins proches, ils seraient condamnés à assister, impuissants, à l’effondrement de leur espèce, Mél' et Rylou (mes nouveaux BFF donc) sont partis à la recherche de solutions. Et des solutions, il en existe aux quatre coins de la planète, dans votre pays, dans votre région, dans votre ville, dans votre quartier, peut être en bas de chez vous, le tout c’est de les connaître. 
Et c’est bien là l’unique prétention de ce film, montrer que tout est encore possible, que des initiatives réussies et inspirantes sont présentes partout autour du globe, que chacun-e peut apporter sa contribution à construire un monde meilleur, que si chacun-e fait un peu c’est la vie qui gagne (hashtag Sécurité Routière).

Vous connaissez peut être la légende du colibri, dans le cas contraire la voici :

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul le petit colibri s'active, allant chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n'es pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ? » « Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part »

Nous pouvons toutes et tous êtres des colibris (en plus, niveau classe à Dallas, mieux vaut être un colibri qu'un pigeon, je dis ça ...)

Délibérément je ne tiens pas à raconter le film dans ses détails, ni faire la liste des initiatives qui y sont présentées, vous pouvez d'ores et déjà avoir un petit aperçu ici et le mieux c’est encore de lever votre cul de votre putain de chaise et d’aller voir le film bordel !! Enfin de mouvoir votre divin séant de sa royale assise et de chevaucher prestement un noble destrier jusqu'au cinématographe le plus proche. Dès le 2 décembre.
Je suis sortie de la séance des étoiles dans les yeux (bon ça c’était peut être plutôt ma rhinopharyngite) et des idées plein la tête. Je vous le conseille, vraiment, expressément, chaleureusement, avec tout mon amour, comme Melissa M. Parce que cela fait du bien d'entendre un discours positif, ni moralisateur, ni apocalyptique, qui nous implique et nous positionne comme acteurs et actrices du changement. Le boeuf cancérogène et les Tampax aux pesticides n'auront pas notre peau, nom de Zeus! (ah bah si en fait y'a quand même un petit délire Retour vers le futur...)

Il y a quelques années, un mec vaguement connu qui a fait 2/3 bricoles dans sa vie disait quelque chose dans ce genre : « Montrer l’exemple n’est pas la meilleure façon de convaincre, c’est la seule »
Le mec en question était chauve et se baladait toujours en slip et il s’appelait...hum…Gandhi je crois ?


vendredi 16 octobre 2015

Fumer tue

Fumer tue
Mais bon il vaut mieux que je me tue moi à tout petit feu plutôt que je tue quelqu'un non? Oh puis ça va ce sont des Vogue frisson c'est un peu comme si je mastiquais des Freedent en allumant un barbecue! Pas de quoi fouetter un poumon.

Ce soir ma soupape a lâché le joint était mort.
Ils me l'avaient pourtant dit chez Darty qu'il fallait le changer chaque année. En revanche ils ne m'ont pas dit où ça se trouvait les joints pour humains... Je leur poserai la question la prochaine fois que j'y vais.
Oh il ne m'est rien arrivé de bien grave, on ne m'a pas raconté la fin de la dernière saison des Revenants, je ne me suis pas tapé la mauvaise caisse au supermarché, je ne me suis pas engueulée avec ma mère... Alors quoi?
Je viens juste de passer trois jours avec deux enfants, les miens donc, qui ont probablement fait un atroce pari entre eux, du genre : "le premier qui fait craquer maman a gagné".
Je les déclare tous les deux vainqueurs. Ex-aequo. Je sais qu'ils n'y sont pas pour grand chose, qu'ils sont de vraies éponges (je n'ai pourtant pas copulé avec un grattoir Spontex et n'ai aucun lien de parenté avec Patrick l'étoile de mer... ), qu'ils ne sont que le miroir des émotions transmises par nous, leurs parents, mais franchement, il y a des soirs comme celui-là ou j'ai juste envie de la jeter, l'éponge. 
Ces soirs là je me dis comment font celles et ceux qui élèvent seuls leur-s enfant-s tous les jours, tout le temps, celles et ceux qui ne peuvent pas partir en claquant la porte, quand la coupe de leur patience est pleine, parce que personne ne va prendre le relais, que personne ne va expliquer aux enfants que papa ou maman est sorti prendre l'air mais que tout va bien, il ou elle les aime toujours autant, c'est juste que des fois c'est un peu lourd à porter tout ça et qu'il faut aller respirer un grand bol d'air pour que ça aille mieux. Il y a beaucoup de choses qui forcent mon admiration, et ça, ça en fait partie et c'est en bonne place sur la liste. Je leur dédierai bien une journée, tiens. Ou carrément un jour de congé ou je ne sais pas, une médaille du mérite? Soyons généreux pour ces héro-ine-s du quotidien.

Dans ces moments là je comprends aussi ces gens qui parfois en arrivent à des extrémités inimaginables avec ce qu'ils ont de plus cher au monde. Je ne le tolère pas. Je ne l'excuse pas. Je ne le cautionne encore moins. Je me dis juste qu'il peut suffire d'un rien pour basculer, une grande fragilité, un soutien inexistant, une douloureuse solitude... 
Dans le monde des parents, certains piliers sont essentiels, un-e conjoint-e impliqué-e, une famille aimante, des oreilles attentives, des épaules compatissantes, des bras de substitution quand les nôtres ne peuvent plus donner la chaleur qu'ils devraient. 
Mais il y a surtout une chose qui me semble essentielle, c'est ce droit, et je dirais même ce devoir, de craquer quand ça ne va plus, d'exprimer cette colère, cette tristesse, de dire qu'on ne sait plus quoi faire et par quel bout le prendre, d'évacuer ce trop plein de tout. Un aveu de faiblesse vaut parfois mieux qu'un excès d'une force que l'on n'a plus. 

Mes amours, de tout mon être j'aime ce que vous êtes autant que je déteste ce que vous me faites vivre parfois. 

Demain je remettrai le maillot et je retournerai dans la mêlée, avec toute la force et la fougue d'un capitaine voulant mener son équipe à la victoire. 

Mais laissez-moi m'en griller une dernière avant. 

Promis, demain est un autre jour.